La Croix Valmer, Une Qualité de Vie
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Histoire

Constantin Le Grand (272-337)
L’empereur est associé à notre village puisque l’on raconte que c’est chez nous qu’un « signe cruciforme » lui apparut dans le ciel ! Pour tenter d’y voir clair, revisitons le passé, l’histoire, les légendes et voyons quel rôle ont pu jouer dans ce mythe le clergé et les Lyonnais du Domaine !
L’empire romain en 306, « Comment ça marche » ?
L’immense empire est alors régi par deux augustes secondés par deux césars : Maxence, cruel despote règne sur l’Afrique, l’Italie, les Îles et Constance qui règne sur la Gaule, l’Espagne et l’île de Bretagne. Constance meurt en 306 et ses légions décernent à son fils Constantin le titre d’Auguste mais Maxence ne le reconnaît pas, l’accuse de parricide, se fait proclamer empereur et s’allie à Maximien son père, pour l’éliminer.
 
Quid de Constantin
 Ciel, quelle famille… !
Constantin est le fils d’Hélène la pieuse et de Constance. Père et fils répudient leurs femmes respectives : Hélène et Minervina (mère de Crispus) pour épouser les filles de Maximien, Théodora et Fausta. Maximien, le traître, est donc leur beau-père et Maxence leur beau-frère !
L’homme, ses songes, ses visions
Païen adorateur d’Apollon, contemplateur du soleil, parfois sujet aux « visions prémonitoires » selon certains hagiographes, Constantin, politique ambitieux, issu d’une lignée de guerriers, réside à Trêves sa capitale et parfois à Arles.

L’empereur : histoire et légendes
312 : La Bataille des chefs
Après avoir éliminé Maximien, Constantin se précipite en Italie du Nord pour combattre Maxence qu’il écrase le 28 octobre 312 près de Rome, au Pont Melvius, et se fait proclamer empereur. Tardivement, vers 335 (?) Eusèbe de
Césarée, son biographe, raconte que c’est avant cette bataille qu’il aurait eu un songe ou plutôt la vision d’un chrisme traduit par « In hoc signo vinces » : Par ce signe tu vaincras ! Il aurait alors décidé de faire apposer ce symbole sur son labarum* et sur les boucliers de ses soldats, ce qui l’aurait conduit à la victoire et fort tard, à sa conversion.
Le règne
Pour conforter son statut politique, Constantin, fin stratège, promulgue les édits de Milan (313) et de Nicée (325) faisant basculer l’empire vers le christianisme qu’il impose en religion officielle. En 330, il fonde Constantinople et apparaît comme l’un des plus importants empereurs. Toutefois, ce personnage ambigu et controversé ne ressemble pas du tout au Saint Empereur de nos images d’Épinal ! Ce n’est qu’en 337, sur son lit de mort, qu’il se fera baptiser et de nombreux historiens** relatent qu’autour de 326 il a fait exécuter son fils Crispus, ébouillanter sa femme Fausta dans son bain, tuer son neveu et quelques proches ! Tous s’accordent pour voir en lui un politique avisé, sceptique en religion !
Le mythe du passage de Constantin à La Croix Valmer
Pour parvenir au Pont Melvius, on ignore d’où venait Constantin et par où il était passé. On sait seulement que sa campagne italienne avec ses légions avait commencé par la conquête de Suse. Donc, s’il arrivait de Trêves, il n’a pas pu traverser notre village. S’il arrivait d’Arles, la « voie Aurélienne » étant la plus praticable et la plus courte pour rejoindre le Mont Genèvre, il ne passait pas non plus à La Croix Valmer, à moins que son côté « people » ne l’ait entraîné dans la presqu’île de Saint-Tropez ?
Le rôle du clergé et des Lyonnais du Domaine
Ce n’est qu’avec « le Domaine » qu’apparaît la légende car avant 1890, nulle part il n’est fait mention de la vision de Constantin sur le site de La Croix (Valmer)***. En 1893, « En présence des très catholiques membres éminents de la Société des vignobles de La Croix » venus de Lyon, « La Croix de Constantin », érigée au carrefour, est bénie par Monseigneur Mignot, évêque de Fréjus, lyonnais de coeur dont l’emblème est… la Croix de Constantin ! « Après ses terres, son personnel, ses architectes, son école, son église, Le Domaine de La Croix a maintenant sa légende. »**** «Sacré » scoop publicitaire !

L’empreinte de Constantin à La Croix Valmer
Née de l’imaginaire de nos Lyonnais mais en accord avec le clergé, cette légende bien ancrée dans nos traditions fait maintenant partie du patrimoine croisien. Inquiétant Janus au double visage, meurtrier devenu un « saint » vénéré après sa conversion, nous retrouvons aujourd’hui notre « sacré Constantin » sur La Croix de Constantin implantée au carrefour, sur le triptyque à son image dans la Villa Turquoise, dans l’impérial et écrasant Forum de béton qui porte
son nom, sur l’écusson et divers documents croisiens et peut-être… dans quelques fantasmes !

Brigitte RINAUDO-PINEAU
 

* Étendard
** Zosime, Aurelius Victor, Eutrop, Duruy, A Réville, H. Schiller...
*** Plusieurs villes revendiquent cette apparition
**** P. Berenguier et archives de Gassin…
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